Bâtir des ponts !
Quand la recherche rencontre la communauté
Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’un sujet qui me passionne : Bâtir des ponts entre le milieu universitaire et la communauté. Deux mondes dans lesquels j’évolue avec plaisir depuis le début de ma carrière. Mes expériences à l’Université McGill, à Polytechnique Montréal et au CHU Sainte-Justine m’ont montré à quel point le potentiel de collaboration entre recherche et société est immense… et trop souvent sous-exploité.
Chaque jour dans nos universités, naissent des découvertes, des idées, des technologies, des pratiques qui pourraient transformer nos entreprises, nos villes et même nos vies. Pourtant ces connaissances restent confinées dans les laboratoires ou les publications.
Bâtir des ponts entre le milieu académique, les industries et la communauté est essentiel pour que la recherche devienne un levier de transformation sociale et économique, pour que notre société toute entière avance. Cette « recherche d’impact » doit produire des connaissances qui améliorent la société. Elle ne s’oppose pas à la recherche fondamentale, elle la prolonge.
Nous le savons, les collaborations entre universités et industries créent une valeur mutuelle, les entreprises gagnent en innovation, les chercheurs en pertinence, et la société en solutions concrètes.
Cependant, collaborer n’est pas si simple qu’il n’y paraît surtout quand l’université et le marché ne parlent pas le même langage. Les chercheurs pensent méthodes et rigueur tandis que les organisations pensent résultats et délais. Les temps sont différents, la recherche avance sur le long terme tandis que les entreprises et les villes vivent dans l’urgence du quotidien. Ce décalage peu parfois créer des malentendus car ce que l’un comprend n’est pas toujours ce que l’autre entend.
Bâtir des ponts, c’est aussi apprendre à se comprendre. Cela demande du dialogue, de l’écoute et une véritable volonté de collaborer. Cela suppose des objectifs clairs et partagés dès le départ, des unités de liaison avec la communauté et une confiance réciproque. C’est dans ce climat que la recherche s’ancre dans la réalité et que la connaissance devient impact.
Mais cela exige aussi de l’agilité et de la proactivité, des qualités essentielles quand on cherche des solutions qui n’existent pas encore, pour répondre à des besoins bien réels. Valoriser la recherche d’impact, c’est donner vie à la connaissance. C’est former les chercheurs à collaborer, encourager les étudiants à expérimenter, et créer des espaces où la connaissance, l’innovation et la société se rencontrent.
Bâtir des ponts, c’est donc relier nos forces pour construire une société plus forte, plus innovante et plus inclusive. Parce qu’une idée ne change le monde que lorsqu’elle le traverse.
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Quand la recherche va à la rencontre des quartiers !
En 2012, j’ai eu l’immense privilège de travailler sur le développement du QI – Quartier de l’innovation, une initiative conjointe entre McGill et l’ETS qui visait à transformer un quartier de Montréal en un terrain de jeux pour explorer des solutions issue de recherche universitaire et offrir un apprentissage expérientiel à la communauté étudiante. L’idée était de répondre aux défis de la communauté en proposant des innovations issues des universités, basées sur 4 piliers : académique, urbain, social&culturel et industriel. Je me plais encore à regarder cette vidéo explicative sur le concept du QI. Que de bons souvenirs! Malheureusement, le QI n’est plus mais fort heureusement des initiatives similaires dans d’autres universités ont vu le jour, parfois sous d’autres formes. Un exemple intéressant créé en 2020 est celui de KI – Knowledge to Impact à l’Université de Calgary qui montre que la voie est de rapprocher chercheurs et communautés pour répondre à des besoins réels, sur le terrain.
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Concocté par Isabelle Péan, Novembre 2025